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Manger juste, manger mieux : La Ruche dit oui au local

Déjà plus d’une cinquantaine de ruches ont fleuri en Aquitaine. Retour sur ce concept en plein essor, véritable outil de vente en ligne, qui permet aux consommateurs d’acheter leurs produits directement à des producteurs et laisse la part belle aux circuits-courts.

Comment fonctionne La Ruche qui dit Oui ?

Le principe est simple. Les consommateurs s’inscrivent sur le site de la Ruche qui dit Oui ! et choisissent la Ruche qui leur convient. Ensuite, lorsque une vente est ouverte, ils ont cinq jours pour passer commande en ligne auprès des producteurs. Si le nombre de commandes est suffisant, le producteur livre ses produits sur le lieu de distribution, deux jours après. Si le minimum souhaité n’est pas atteint, celui-ci peut décider de livrer malgré tout.

À la Ruche des Chartrons (Bordeaux), où nous nous sommes rendus, la distribution a lieu tous les 15 jours, le vendredi de 17h30 À 19h30.

Pains, fromages, lait, huile, fruits, légumes, viande, miel et produits ménagers, on y trouve de tout. Gros avantage par rapport aux AMAP: la liberté. Les abeilles, le nom donné aux membres de la ruche, consomment ce qu’elles veulent quand elles veulent.

À noter, les produits ne sont pas forcément bio mais les producteurs s’engagent à limiter les intrants.

La ruche, toute une organisation

Maud Cazaux-Pelluchon a créé la Ruche des Chartrons en Novembre 2012. À l’origine, un simple souhait de manger des produits locaux. « Et puis, ça permet de connaître les producteurs » ajoute-t-elle. Mais fonder une Ruche n’est pas chose facile. Maud a dû attendre plus d’un an avant de pouvoir enfin commencer. Une fois l’association constituée, elle s’est lancée à la recherche de producteurs. « Je voulais surtout m’orienter vers des produits fermiers et de petites exploitations » explique la jeune femme.

Et pas question d’aller les chercher trop loin. La charte de la Ruche qui dit oui  indique une distance maximum de 250km. Maud, elle, a choisi des producteurs situés à une soixantaine de kilomètres en moyenne.

Objectif : Valoriser l’économie locale, sociale et solidaire. « Un prix juste pour le producteur, un projet éthique et durable », voilà comment en quelques mots, elle résume sa démarche .

L’organisation de la ruche lui prend du temps, elle s’investit à fond dans l’association. Mais, la « reine » de la ruche est ravie de pouvoir elle aussi en profiter, comme les autres abeilles. D’ailleurs, depuis elle ne fréquente plus vraiment les grandes surfaces.

Pour gérer la distribution des quelques 110 commandes passées en moyenne, Maud peut compter sur le soutien de 3 ou 4 bénevoles, membres eux aussi, qui viennent lui prêter main forte.

Un circuit-court et équitable

Si les consommateurs interrogés n’expriment pas directement de volonté militante, ils recherchent cependant un mode de consommation différent. Le circuit-court paraît une bonne alternative. Les membres connaissent ainsi la provenance des produits qui se retrouvent dans leur assiette. Et distance réduite signifie aussi impact moindre sur l’environnement.

En outre, le système repose par ailleurs sur un modèle équitable. Les producteurs perçoivent 83,3 % du prix payé par le client, le reste étant réparti à égalité entre le responsable de la Ruche et la plateforme qui fournit le service.

Des producteurs satisfaits

Les producteurs apprécient le système. Chacun participe à plusieurs ruches. L’objectif pour eux est de supprimer les intermédiaires. « Financièrement, on s’y retrouve » assure Pierre, maraîcher du Médoc. Les agriculteurs et les éleveurs interrogés sont unanimes. La vente directe est pour eux le seul moyen de subsister. « C’est ça qui va nous sauver, nous agriculteurs » estime Etienne, éleveur périgordin. La faute à la grande distribution qui tire toujours un peu plus les prix vers le bas et augmente ses marges.

Autre avantage notable, il n’y a pas d’échange d’argent. Le client paye au moment de la commande. Un atout pour les consommateurs comme pour les producteurs. Ils peuvent ainsi discuter librement de la qualité des produits.« C’est un système sympa,au moins on a un contact avec nos clients » se satisfait Dominique, l’apiculteur de la ruche, qui habituellement vend son miel à des épiceries fines.

ruche

Des consommateurs qui mangeux mieux

Dans la famille de Claire, ils sont cinq. « La Ruche nous permet de manger des produits frais et de qualité » se réjouit la jeune maman. Elle aussi ne fait plus ses courses dans les hypermarchés.

Consommer à la Ruche, c’est aussi manger une plus grandes diversité de légumes. Des légumes que l’on ne prendrait pas habituellement. Jean-Luc, une des nombreuses abeilles, en rigole: « J’ai choisi des navets. Ça faisait longtemps ». Seul hic, le prix est forcément plus élevé. Mais les membres attestent que le rapport qualité-prix est attrayant. Ils dépensent en moyenne une soixantaine d’euros mais certaines commandes peuvent atteindre jusqu’à 150 euros. Il y en a donc pour tous les budgets.

Une ambiance bon enfant

Dans ce marché éphémère, on croise tous les âges. Familles, étudiants et retraités se rencontrent, parlent des produits, échangent des recettes. Bien loin de l’ambiance pesante des supermarchés, les gens sourient. Ils récupèrent leur commande sans pression, le tout rapidement.

Le soir de notre venue, les abeilles ont même eu droit à un cadeau. Au choix: oignons, carottes, navets. Preuve que le concept plaît, les adeptes n’hésitent pas à en parler autour d’eux. Et le réseau s’élargit toujours un peu plus. Une crainte cependant. Que la formule soit victime de son succès.

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Thibault Puyaubran

Rêveur controversé, #Journalisme #Médias #Politique