Du 10 novembre au 17 décembre, une dizaine de parents vont traverser la France à pied. Une marche dans le froid, de plus de 800 kilomètres, de Marseille jusqu’à Paris. Cette action pacifiste en faveur de l’égalité parentale a pour objectif d’alerter l’opinion publique, les médias et de fédérer les politiques.

Ils viennent de Bordeaux, Toulouse, Nice, Les Sables-d’Olonne, la Normandie ou encore du Cap d’Agde. Ces parents, majoritairement des papas, ne vivent pas dans les mêmes départements mais ils ont un point commun : leur détermination pour faire évoluer la justice familiale en France dans l’intérêt des enfants.

La situation en France

De nos jours, de plus en plus de parents se séparent. Selon les derniers chiffres INSEE (septembre 2021), en France 25% des familles sont monoparentales. Au moment de ces séparations, de plus en plus de parents demandent la résidence alternée. Les études scientifiques internationales recommandent d’ailleurs cette organisation comme étant la plus bénéfique pour le bien-être et le développement des enfants.

La majorité du temps, les parents arrivent à se mettre d’accord en bonne intelligence pour statuer sur le mode de résidence qu’ils souhaitent pour leur(s) enfant(s). En revanche, quand ils ne sont pas d’accord et qu’une médiation n’a pas pu apaiser les tentions, c’est au juge des affaires familiales de trancher. Selon les chiffres du ministère de la Justice ces situations représentent 10 à 15% des cas. Et c’est triste à dire, mais la France n’a pas évolué avec son temps pour prioriser la résidence alternée lorsque c’est possible. Seulement 12% des enfants de parents séparés vivent en résidence alternée (source). L’un des chiffres les plus faibles d’Europe…

Justice familiale enfant

Selon les chiffres officiels du ministère de la Justice, environ 10 000 familles sont concernées chaque année par des cas de désaccord sur la résidence. Soit 14 000 enfants et 20 000 parents.

Sur les 5 dernières années : 70 000 enfants et 100 000 parents.

Le rapport du ministère précise que dans 48% des cas de désaccord, au moins l’un des deux parents demande la résidence alternée. Et que dans au moins 50% des cas, le juge refuse la mise en place d’une résidence alternée au motif de l’âge de l’enfant ou d’un conflit parental. Pourtant, selon les études scientifiques les plus récentes et documentées, ces deux critères ne sont pas des motifs de refus pertinents.

Décisions des juges des affaires familiales en cas de désaccord :

  • Dans 63% des situations une résidence chez la mère
  • Dans 24% des situations une résidence chez le père
  • Dans 12% des situations une résidence alternée

Malgré les recommandations de l’Europe, chaque année la justice impose à des milliers d’enfants  de voir l’un de leurs deux parents seulement 4 ou 6 jours par mois. Alors que pourtant, les deux parents expriment clairement leur volonté de s’impliquer dans l’éducation, le développement et le quotidien de leur(s) enfants.

Boris Cyrulnik, neuropsychiatre et psychanalyste, vient de cosigner une tribune collective dans Le Figaro aux côtés d’une vingtaine de député(e)s pour promouvoir la résidence alternée. Né à Bordeaux, ce spécialiste a rédigé de nombreux ouvrage, ces prises de position sont très respectées et écoutées en France.

3 revendications pour le bien-être des enfants

Les membres du collectif de « La marche des pères pour l’égalité parentale » viennent de toute la France. Ils ne sont rattaché(e)s à aucune association. Leurs revendications ont pour objectifs l’intérêt supérieur des enfants et vont dans le sens de toute la famille : les papas, les mamans, les grands-parents…

Pour se faire entendre et mettre un coup de projecteur sur les problèmes liées à la justice familiale, ils ont décidé d’organiser une marche pacifique de 800 kilomètres jusqu’à l’Assemblée nationale. Le 10 novembre, ils seront donc une dizaine de parents à prendre le départ depuis Marseille. Voici leurs trois revendications :

  1. Faire de la résidence alternée un principe de base
  2. Renforcement de la loi pour les non-représentations d’enfant
  3. Mesures contre l’éloignement géographique volontaire

Ce sujet étant très sérieux et le bien-être des enfants étant l’élément central de ces mesures, le collectif a mis plusieurs mois pour élaborer une charte qui dresse l’état des lieux assez alarmant de la situation en France et qui explique en détails leurs revendications.

Une pétition a été lancée et vient de dépasser les 36 000 signatures. La majorité des signataires sont des femmes. Preuve que la volonté de rassembler tous les parents, dans l’intérêt des enfants, a bien été entendue.

La marche des pères pour l'égalité parentale

Soutiens politiques du Sud-Ouest et de toute la France

Cette traversée de l’Hexagone, qui sera certainement l’une des plus grandes actions en faveur de l’égalité parentale des dernières années, est soutenue par plusieurs politiques. Le députés des Landes, Lionel Causse, et la vice-présidente du Sénat, Nathalie Delattre, font partie des soutiens. Mme Delattre est également sénatrice de la Gironde et conseillère municipale de Bordeaux, ville de résidence de l’un des marcheurs.

Parmi les nombreux soutiens de ces revendications, on peut aussi citer Frédérique Dumas. La députée des Hauts-de-Seine, rattachée à Europe Écologie Les Verts, vient déposer une nouvelle proposition de loi. Cette nouvelle PPL, enregistrée le 12 octobre 2021 et cosignée par une vingtaine de député(e)s, vise à instaurer le principe de présomption de résidence alternée pour les enfants de parents séparés.

Manifestation pour l’égalité parentale le 17 décembre

La marche des pères pour l’égalité parentale se terminera par une manifestation le 17 décembre à Paris. Le collectif souhaitent rassembler le plus grand nombre (parents, grands-parents, enfants…) pour la fin de notre traversée de la France. Cette dernière étape sera donc une manifestation de 4 kilomètres, allant de la place de la Bastille jusqu’à l’Assemblée nationale. Les associations et collectifs qui soutiennent cette action seront présentes. Plusieurs député(e)s ont confirmé qu’ils se joindront également aux manifestant(e)s.

Manifestation égalité parentale

Un musicien landais s’engage pour la résidence alternée

Personnellement touché, Renaud Cadeau, papa de Seignosse, vient de sortir la chanson « Jamais 2 sans toi », avec un magnifique clip, dédiée à son fils dont il a été privé par la justice depuis sa naissance… Bassiste de Tom Frager, ce musicien souhaite sensibiliser le grand public sur cette injustice et ce sujet de société majeur.

3 thoughts on “Ils vont marcher 800 kilomètres pour l’égalité parentale

  1. Demabre dit :

    Je soutiens cet initiative un papa est aussi important qu’une mère, les deux sont indispensables à l’équilibre d’un enfant de même que les grands-parents nous avons beaucoup à apporter à nos chers bambins merci à tous ceux qui s’impliquent pour que la justice accorde le droit de garde alternée…

  2. FOURMENT dit :

    Oui, il est grand temps de se rendre à l’évidence cruelle de l’inégalité parentale existante. Elle se comprendrait si la violence ou la précarité représentaient un risque pour l’enfant. Mais, et hélas, elle subsiste même et encore dans le cas où les papas ont toutes les capacités identiques à celles que la justice attribue d’emblée aux mères sans avoir l’ombre d’un doute ! C’est là, la première et grande erreur… une erreur tueuse par l’incompréhension qu’elle suscite et par la souffrance qu’elle engendre, sans compter le déséquilibre chez l’enfant qui est à mon sens primordial. Cette inégalité parentale prend tout à coup la forme d’une véritable discrimination car elle impose une soumission à des conditions terribles au père pour voir son enfant… Et parallèlement elle distribue une liberté impunie à des mères sans scrupules qui font du papa un pantin en en tirant les ficelles, le but étant de couper les liens père / enfant.

    Ce n’est plus acceptable. La justice, hélas, ne voit pas toujours ce qui se passe dans les coulisses et devrait montrer plus de vigilance et être à une écoute réactive. Car elle porte l’entière responsabilité dans les décisions qu’elle prend avec certitude à déterminer la vie du papa avec son enfant.

    Une grand-mère, solidaire de cette marche qui représente le parcours difficile, laborieux et souffrant de ces papas qui revendiquent l’égalité parentale et qui seraient heureux de redonner à la justice, une confiance qu’ils ont perdue parce qu’elle leur a ôté la leur.

  3. Marc G. dit :

    Bonne initiative pacifique mais parfaitement judicieuse à une période où l’inégalité judiciaire familiale est vu comme un nid de jugement d’arbitraire et discriminatoire envers les pères/hommes.

    Des préjugés archaïques reléguant les hommes/pères en positions inférieures s’agissant de la responsabilté à s’occuper des enfants. Et laissant continuellement passées des calomnies , accusations mensongères, manipulations de la mère pour exclure les pères ( non représentation d’enfant , toutes puissances et autres perversités dans les l’appréciation des dossiers civils JAFS.

    Cela sous les belliqueux encouragements de certains avocats et avocates qui instrumentalisent les conflits parentaux pour s’assurer des honoraires ..et étant ensuite responsable, sans que rien de leur arrive, de situations ‘désespérés et cruelles lorsque l’un des parents aura été poussé insidieusement a bout .

    Une nuance devrait cependant être apporté par les trois revendications , celle s’agissant de l’éloignement géographique volontaire : – » Mesures contre l’éloignement géographique volontaire » ….mais lorsqu’il y a volonté manifeste D ’EXCLUSION PARENTALE .
    Car on ne peut pas porter atteinte à la liberté FONDAMENTALE individuelle d’établir sa résidence dans le lieu de son choix , pour améliorer ses conditions de vie dans l’intérêts des enfants.

    Car c’est bien la tentative d’exclure un parent de la vie des enfants commus suite à une indigestion de la rupture conjugale qui est le plus toxique. Et non la distance en elle même qui, certe, peut poser de nombreuse difficultés .

    De nombreux parents n’ont jamais été aussi éloigné de leurs enfants en résident à moins de 5 km d’eux sans les voir .. à cause de tout un travail de sape d’un parents aliénant s’octroyant l’exclusivité de la parentalité …. mais encore faut-il demander la résidence principale lorsqu’un parent toxique s’obstine a refuser toute résidence alternée , les pères sont souvent trompés par les avocats sur ce dernier point.

    En tout les cas, et petit espoir, de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer les dysfonctionnements judiciaires et l’inertie de la Cour de Cassation qui ne protège plus les familles et ne fait rien contre la flagrance de la violation de la loi et l’inégalité parentale des juges d’appel et 1ere instance ( défiance envers la jutsice grandissant ) . La méconnaissance ( volontaire ? ) du phénomène d’Exclusion Parentale que sont l’isolement parental et l’aliénation parentale, rend inefficiente la capacité du système à solutionner le problème. En plus de devenir au service du parent manipulateur, les solutions deviennent même inductrice (visites en milieu médiatisé du parent aliéné, par exemple) …. et là encore, poussent le parent lésée et bafoué dans ses droits complètement à bout ( féminicides ; suicide avec les enfants , arrêt de travail , dépression, chomage , sdf avec toutes les conséquences sur la sociétés).

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