jeudi 18 octobre 2018
Bataille de Castillon
Bataille de Castillon - Crédit Association Castillon 1453
GirondeAgenda

La Bataille de Castillon : le spectacle historique de la Guerre de Cent Ans

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C’est le plus grand spectacle vivant de Nouvelle-Aquitaine : plus de 400 acteurs, 50 chevaux, une scène de 7ha, 30 000 spectateurs en moyenne chaque année… le tout porté par une équipe de bénévoles passionnés. Nous avons rencontré Serge Ruaud, président de l’association, qui nous raconte les origines et coulisses de la Bataille de Castillon, qui s’apprête à « renaitre » au travers 15 représentations cet été, et ce depuis plus de 40 ans.

La Bataille de Castillon, c’est quoi ?

C’est ce qui mit fin, en 1453, à la Guerre de Cent Ans. Charles VII et ses troupes reprennent la Guyenne aux Anglais, qui en avaient la domination depuis que la célèbre duchesse d’Aquitaine, Aliénor, s’était remariée en 1152 avec le roi d’Angleterre. Ce pan de notre histoire est étrangement méconnu en France, bien plus que chez nos voisins britanniques qui en gardent un souvenir plus vivace…

 

Le spectacle qui permet de la remettre en scène en Nouvelle-Aquitaine dure environ 1h30, sur la colline du Château de Castegens.

Ne vous attendez pas à seulement assister à la reconstitution d’une unique bataille.

L’idée est de vous immerger dans une époque entière, de la « grande » à la « petite » histoire, en parcourant plusieurs siècles : les deux mariages d’Aliénor, le calme à peu près retrouvé sous Louis XVI, mais aussi la vie quotidienne au Moyen Age avec des scènes de danses paysannes ou de femmes au lavoir. Le bordelais Montaigne est lui aussi de la partie.

La vie au Moyen-Âge
La vie au Moyen-Âge – Crédit © Jean-Bernard Nadeau

Ce spectacle tantôt drôle et émouvant, mais surtout impressionnant, est mis en scène par Eric le Collen.

Des acteurs à la réalisation des costumes, les membres de l’association qui le rendent possible sont tous bénévoles, et passeront une grande partie de leur été à faire rêver petits et grands.

Serge Ruaud nous raconte comment l’histoire a commencé, il y a plus de 40 ans…

Rencontre : Serge Ruaud, président de l’association

Quelle aventure humaine que celle de cette gigantesque reconstitution ! Nous avons rencontré Serge Ruaud, le président de l’association qui organise et produit le spectacle. Entre lui et la Bataille de Castillon, c’est une histoire d’amour passionnelle…

Spectacle de la Guerre de Cent Ans
Spectacle de la Guerre de Cent Ans

Aux origines…

« Vous savez, je n’étais pas là au tout début. La Bataille de Castillon, avant d’être le spectacle gigantesque que vous connaissez, ça a d’abord été une histoire de copains… ».

Des copains qui se sont pris à rêver, en 1953, quand la bataille de Castillon célébrait ses 500 ans : pourquoi ne pas faire revivre ce moment d’Histoire ?

Ce genre de projets fous, nés autour d’une bonne bouteille de Bordeaux entre amis, où l’on se promet de tout plaquer dès le lendemain, mais qui voient rarement le jour. Et pourtant… En 1977, sur le parvis de l’église, dans une forme bien plus modeste mais déjà ambitieuse avec ses 150 comédiens, la Bataille de Castillon donna sa première représentation.

« C’est dans ce même esprit que chaque année, les représentations étaient reconduites. Ce sont finalement les retours extérieurs qui ont fait prendre conscience de la pépite que constituait cette belle idée ! » Organisation, costumes, partenariats financiers… La passion pour carburant, le spectacle prend de l’ampleur.

Chevaliers Bataille de Castillon
Chevaliers Bataille de Castillon – Crédits : Association Castillon 1453

A la fin des années 80, chevaux et figurants posent leurs éperons au pied du château de Castelgens.

Historiquement, un retour aux sources, puisque depuis les collines furent tirés les coups de canons durant la « vraie » bataille. Serge Ruaud, lui, a « choppé le virus » en 1998. D’abord simple spectateur, il va progressivement s’impliquer dans l’association. L’histoire d’amour connaitra ses revers, avec une rupture provisoire en 2014, mais quand le spectacle se trouve en danger, il revient l’année suivante porter l’antidote à son chevet. Il deviendra président de l’asso.

 

Une reconstitution historique pointue

Le spectacle, ce n’est pas que la Bataille de Castillon. Même si elle en est le clou, avec sa cavalerie et l’artillerie inédite d’une époque où les conflits se « modernisent ». Ce qui n’augure rien de bon pour les siècles à venir…

C’est aussi la reconstitution d’une époque, avec sa vie au quotidien. Celle des marchands de foire, ou encore d’un paysan qui courtise une lavandière avec quelques pas de danse.

« Ils n’entreront pas dans les livres de classe ces gens là, mais on ne saurait comprendre le Moyen-âge sans comprendre leur vie ». D’ailleurs, que de préjugés avons-nous sur la vie médiévale… De farces en scénettes plus tragiques, le spectateur rit et pleure avec eux. On apprend, à Castillon. Il y a aussi la vie religieuse et politique, le tout conté avec une vraie exigence historique. Une priorité pour les organisateurs, qui travaillent de concert avec l’historienne Anne-Marie Cocula.

Scène de la reconstitution
Scène de la reconstitution – Crédit © Jean-Bernard Nadeau

Alienor, la fascinante

Et puis il y a Aliénor, la captivante. Le fil rouge du spectacle. Il pourrait paraitre étonnant que les locaux soient si dingues de cette ancêtre, alors que c’est elle qui fit perdre la Guyenne à la France en se remariant au futur roi d’Angleterre.

« Oh vous savez, les gens d’ici ont toujours été un peu rebelles. Et Aliénor, c’était une femme de caractère, libre pour son époque. Son côté Ivanhoé est très Bordelais ! »

Et Serge de poursuivre que l’histoire n’est pas aussi manichéenne que dans les livres de conte : « L’Aquitaine britannique, ce fut une période prospère pour le commerce. On ne lui en a pas tant voulu à la Duchesse quand elle a convolé avec Henri ». Surtout que le roi de France l’avait répudiée non sans goujaterie. Émouvante, la Reine d’action à la personnalité complexe ouvre quelques instants son cœur de femme au cours du spectacle.

Un spectacle loin de tout nationalisme

Chaque année, les organisateurs changent un peu le spectacle… mais on ne peut changer l’histoire « Ce sont toujours les anglais qui perdent à la fin ! » sourit Serge. Ce qui n’empêchera pas les descendants du général britannique John Talbot de venir assister à la reconstitution il y a quelques années.

« La finesse d’Eric Le Collen donne un spectacle délicat, sans grosses ficelles ni sang qui gicle de partout »

Il rend hommage au territoire, mais loin de tout nationalisme. Dans le respect de chaque homme qui tomba pour lui, qu’il fut Anglais ou Français.

L’interview d’une figurante et plus d’inos dans le Magazine de Saint-Emilion.

Informations pratiques

Achetez et réservez vos places

  • Accès au village d’Aliénor dès 18h30
  • Spectacle (1h30) à 22h30 en juillet et 22h en août
  • Site : Belvès de Castillon (33350), au pied du château de Castegens
  • Une quinzaine de représentations de mi-juillet à mi-août

Tarifs : 12 € (enfants de 5 à 12 ans) / de 19 à 27 € (adultes et enfants à partir de 12 ans)
Spectacle familial (attention aux jeunes enfants qui pourraient être impressionnés)

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Anne Quimbre
Rédactrice amoureuse des charmes de la Gironde !
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