Nicolas Martin, directeur de l’Office de Tourisme du Pays basque, analyse la situation post Covid pour les destinations touristiques et nous donne sa vision éclairée sur la saison estivale 2020.

La nature et les grands espaces attirent

La saison d’été est maintenant lancée, elle se fera. Comme toutes les saisons elle sera inégale, certains professionnels performeront, d’autre moins, et ce que je ressens est que globalement nous aurons assez peu de prise sur les événements.

Une certitude, les territoires les moins dépendants de la clientèle étrangère s’en sortiront mieux, c’est le cas de la façade Ouest de la France, de la Bretagne jusqu’à notre Pays Basque. Autre enseignement, la clientèle loisirs reprends plus vite que la clientèle affaires, l’arrivée de période estivale n’y est bien entendu pas pour rien.

Nicolas Martin

LES TERRITOIRES LES MOINS DÉPENDANTS DE LA CLIENTÈLE ÉTRANGÈRE S’EN SORTIRONT MIEUX

En outre, et sans surprises, la nature et les grands espaces attirent, et les hébergeurs qui peuvent jouer cette carte seront probablement ceux qui tireront le mieux leur épingle du jeu.

Voyager moins, mais voyager mieux

Des changements probablement irréversibles

Ce que je pressens c’est que cet été post Covid va impulser certains changements probablement irréversibles, en particulier dans les « seuils » de fréquentation acceptables. Il y a fort à parier que les « touristes » n’accepterons plus de découvrir par « paquets » de 50 les sites, villes, musées…

L’enjeu sera de trouver un modèle économique pour permettre une exploitation rentable avec des groupes plus petits, sans trop augmenter les tarifs.

Il y a fort à parier que les « touristes » n’accepterons plus de découvrir par « paquets » de 50 les sites, villes, musées…

Un autre enjeu sera de fidéliser pour les années futures les français qui ont décidé de rester en France cette saison, alors que leurs habitudes les poussent à aller à l’étranger. Qualité de l’accueil et rapport qualité prix seront à cet égard déterminants.

Et un peu de perplexité pour conclure par rapport à tous ces plans de communication qui s’accumulent, et à ces millions d’euros qui vont être dépensés par les institutionnels du tourisme. Certes cela peut rassurer élus et professionnels de voir leur destination à la télé, dans le métro à Paris ou sur internet, mais quelle valeur ajoutée, et quelle utilité réelle, particulièrement cette année où les français vont aller très majoritairement dans des territoires qu’ils connaissent déjà.

Restaurant à Saint Jean de Luz,
Restaurant à Saint Jean de Luz

Et gare à la saturation…

Nicolas Martin a souvent l’habitude de conclure par une situation. Souvent en basque, parfois non. Celle-ci est particulièrement pertinente et appropriée à la situation :

* Comme le dit un vieux proverbe basque « Putzak pitzen du bela, eta bai hiltzen ere » , ce qui peut se traduire par « En soufflant on allume la chandelle…et on l’éteint aussi« 

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